Arrivée des acteurs en limousine, séance de posing très animée sur le tapis rouge, projection du film dans une salle pleine à craquer, la grande première de « God’s will » réalisée le dimanche 16 septembre à North Miami semble préfigurer un bel avenir au long-métrage et aussi un grand réveil dans le cinéma. Si l’on a quelques réserves sur le film en soi, on doit en revanche féliciter I-Cam Productions de brasser dans l’écosystème haïtien les codes universels de la starification qui est y une denrée rare. Retour sur un événement qui a bien valu le détour.

Pour avoir tous les deux pleins de palmiers dans leur paysage, un climat très chaud et une forte concentration de population hispanique, Miami et Los Angeles sont perçues à juste titre comme deux sœurs éloignées par des milliers de kilomètres. Alors est-ce en ayant conscience de cette ressemblance que I-CAM Production a voulu adapter en Floride une façon de faire propre à Hollywood ?

 

Eh oui, l’équipe à John Semé n’a pas lésiné dans sa façon de délivrer « God’s will ». Blondedy Ferdinand, l’actrice principale, drapée dans une robe d’Hermione Couture qui épouse bien ses courbes gracieuses, arrive en limousine accostée de bodyguards. L’actrice ne reste pas insensible aux acclamations à cor et à cri de la foule en liesse.

Sur le tapis rouge il n’y pas que l’équipe du film à prendre la pose. Bien des gens de la longue file d’attente ont aussi profité de l’ambiance d’essaim d’abeilles qui y régnait. John Semé, qui prévoyait moins de 700 personnes, devait du coup gérer plus d’un millier. Les places VIP ont été arrachées comme des petits pains en un rien de temps. En gros le public s’est paré de ses plus beaux atours pour briller dans cette parade qui a un faux air des Oscars. Les robes extravagantes, les pantalons près du corps se déclinent en divers coloris et rivalisent en matière d’inventivité de la part de leurs créateurs. Les chevelures aussi étaient remarquables. Certaines sont teintes en bleu, d’autres en blanc ou rouge, d’autres sont tressées en direction du ciel… Acteurs autant que spectateurs étaient conscients des « Live » de médias basés en Haïti et dans la diaspora. Avant la projection, on a présenté les principaux clips faisant office de bandes originales du film.

Le film en soi témoigne d’une volonté de la part de son producteur de marquer les esprits. Rien qu’à proposer Blondedy Fernidand un rôle de servante du Seigneur assez pieuse et vertueuse atteste d’une grande audace. L’actrice elle-même a avoué au cour d’une conférence de presse donnée la veille que le public sera surpris de la découvrir dans un rôle aux antipodes de la « vermine » dont plus d’un l’affuble.

Tel que le nom l’indique, c’est un film à caractère religieux. Il s’agit de la quête d’un mariage heureux par Sœur Esther (le premier rôle). Dans ce cheminement parfois impérieux, la chrétienne convaincue qu’incarne Blondedy Ferdinand peut compter sur les conseils du pasteur Reno, très connu en Floride, qui joue son propre rôle dans le film et sur sa meilleure amie, Sœur Melis (Jenny Gervil).

A son souhait, « que Dieu m’envoie un homme, fût-il handicapé ou pas pourvu qu’on s’aime vraiment », le ciel lui enverra John qui en plus de ne pas posséder ses capacités mentales, souffre d’un mal physique qui s’apparente à celui du feu astrophysicien britannique Stephen Hawkin. La jeune femme décidée à faire la volonté de Dieu a compris très vite que sous cet emballage pas très reluisant se cachait le trésor qu’elle ne pouvait pas trouver en Marc (incarné par le chanteur Ti Lunèt), bel homme coureur de jupes.

S’il fallait choisir deux autres rôles qui contribuent effectivement à l’équilibre du film, c’est la mère de John incarnée par Nicole Moretta et un patron de la mafia à Miami joué par Black Fresher. La première nous attendrit par ses affections maternelles tandis que le deuxième excelle par son cynisme.

Ce qu’on aime beaucoup moins dans le film, ce sont les effets spéciaux qui n’aboutissent pas. Les deux apparitions de l’ange qui annonce à Esther la promesse de Dieu à travers un songe ou qui guérit John devraient être retravaillés. On n’a pas apprécié non plus plusieurs les écrans noirs qui sont multiples.

En gros, « God’s will » a le potentiel d’un blockbuster haïtien. Il revient à l’équipe de l’I-CAM d’affuter leur stratégie afin de lui assurer un succès en salles comme c’était le cas pour sa grande première à North Miami. À Port-au-Prince, le film sera dévoilé au Karibe le 9 décembre. Un rendez-vous que les cinéphiles doivent surligner dans leur agenda.

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